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Logopède un jour, logopède toujours !

Au début de cette deuxième vague, il était évident de répondre positivement à l’appel lancé par le Gouvernement wallon de mettre les étudiants de Condorcet en stage, à disposition dans les institutions de soin, pour renforcer les équipes médicales, rappelait récemment Eric Massin, député provincial en charge de l’enseignement supérieur. Il soulignait également l’abnégation des volontaires de tous horizons dans ce contexte particulièrement difficile. 

Au Grand Hôpital de Charleroi, Margot et Marion ont rejoint l’unité Covid quelques jours après le début de leur stage. Inscrites en dernière année de logopédie, elles ont dû faire face à des situations inattendues. Pourtant, leur contribution s’avère aujourd’hui fondamentale dans le service gériatrie qu’elles ont intégré il y a quelques semaines.

Etudiantes en logopédie

« On évalue la déglutition des patients quand ils arrivent. On examine le tonus, la sensibilité intra-buccale. On adapte les textures qu’on va leur proposer. C’est compliqué parce qu’avec le covid, ils ont une coordination entre la respiration et la déglutition inadéquate. Ils sont en dyspnée qui nécessite de les réévaluer sans cesse parce que leur état change très vite. », nous confient-elles.

Mais le traitement ne prend pas fin dès l’issue de la maladie. Certains symptômes persistent et obligent les deux jeunes stagiaires à garder un œil bienveillant sur les pensionnaires du service. « Même les patients post-covid nécessitent beaucoup d’attention parce qu’à cause d’une trop grande fatigue, ils ne sont plus capables de déglutir certaines textures. Nous collaborons donc avec une diététicienne pour adapter leur nourriture à leur état. C’est fondamental car le covid est très agressif et l’alimentation est essentielle, notamment pour fortifier le système immunitaire. », nous rappelle Marion.

« Nous protégeons les patients, nous nous protégeons et nous sommes heureuses de nous sentir utiles. » surenchérit Margot.  Et utiles, elles le sont à plus d’un titre ! Entre travail de la mémoire et stimulation des sens, de nombreuses activités sont au rendez-vous. Tenir compagnie aux personnes les plus isolées a son importance également, même si cela dépasse sans doute les prérogatives habituelles des logopèdes. Margot et Marion nous racontent, par exemple, la trouvaille de leurs maîtres de stage qu’elles se plaisent à appeler l’atelier jus d’orange pressée. Un moment d’échanges que les pensionnaires attendent avec impatience chaque jour.  « Nous sommes ravies de voir le bien que ça procure autour de nous. », disent-elles en cœur.

Auprès d’elles, les équipes s’affairent. Les infirmières, les kinésithérapeutes, les diététiciennes, les ergothérapeutes, les logopèdes … Tous collaborent et chacun amène sa touche personnelle comme autant de cerises sur un gâteau. A ce titre, nos jeunes étudiantes sont très reconnaissantes de l’accueil qu’elles ont reçu et de l’encadrement que leur réservent leurs maîtres de stage. 

« Ils nous épaulent, nous rassurent, nous aiguillent dans les aspects nouveaux que la crise sanitaire nous a obligées à appréhender rapidement. Tout cela en nous permettant d’être très autonomes. On ne les remerciera jamais assez !»

Plusieurs termes leur viennent à l’esprit au moment de nous quitter : collaboration et solidarité. Deux des maîtres-mots à retenir à coup sûr dans le cadre de la lutte contre ce satané virus !

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